Muséum aquarium de Nancy

Poulpe commun

Octopus vulgaris

Poulpe commun

Classification

tête, un pied musculeux à rôle locomoteur, et une masse viscérale. Cette dernière est recouverte par le manteau qui délimite une cavité palléale contenant des branchies et qui sécrète des formations calcaires (coquille).

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spécialisés dans la prédation : la coquille est réduite voire disparue, le pied est transformé en tentacules, la tête est très différenciée avec des yeux perfectionnés.

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comprendrait au moins 200 espèces, inclue les poulpes benthiques qui vivent sur le fond de la mer. Ils sont caractérisés par la présence de huit bras portant une à deux rangées de ventouses, et l’absence de nageoires.

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octopus » qui signifie poulpe, et à l’origine, du grec « octo » huit et « pous » pied, en référence aux huit tentacules de l’animal.

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Vulgaris

Description morphologique

Le poulpe est très reconnaissable avec ses huit longs tentacules portant des rangées de ventouses sur leur face inférieure et entourant la bouche. La tête porte deux yeux qui ressemblent beaucoup à ceux des vertébrés, avec des paupières, une cornée, un iris, un cristallin, une rétine. Derrière la tête, le manteau (l’équivalent de la peau chez les mollusques) recouvre l’ensemble des organes et délimite la cavité palléale qui contient les deux branchies. Sous la tête, un tube orangé, le siphon permet en se contractant le renouvellement de l’eau de la cavité palléale au contact des branchies.
La taille est de 60 cm en moyenne mais peut atteindre plus d’un mètre.

Écologie et répartition géographique

Excepté dans les eaux froides, la répartition est quasi mondiale. Le poulpe commun fréquente les fonds des rivages jusqu’à la limite du plateau continental (environ 150m de profondeur). Il privilégie les fonds rocheux pour pourvoir se cacher dans les anfractuosités mais il fréquente également les fonds sableux et les herbiers.

Alimentation

Comme tous les céphalopodes, le poulpe commun est un prédateur. Il chasse à vue et capture ses proies, des crustacés, des bivalves, rarement des poissons, à l’aide des tentacules. Les proies sont ensuite broyées par les mâchoires en forme de bec de perroquet, et par la radula, une longue langue recouverte de dents (la radula est un organe caractéristique des mollusques). Les glandes salivaires sécrètent un cocktail de neurotoxines qui sont injectées aux proies.

Reproduction – cycle de vie

Le mâle possède un bras modifié (le troisième) avec un sillon le long du bras et une extrémité en forme de cuillère. Ce bras sert lors de l’accouplement à transférer des paquets de sperme (des spermatophores) dans l’oviducte de la femelle. Celle-ci peut ensuite conserver le sperme vivant jusqu’au moment de la ponte.
Les membres de la famille des octopodidae ont adopté deux types de stratégies. La première consiste en la production de gros œufs peu nombreux qui donnent naissance à des jeunes qui ressemblent aux adultes et qui adoptent rapidement la vie benthique (sur le fond de l’eau). Le poulpe commun fait appel à la deuxième stratégie : il produit de nombreux petits œufs (la femelle dépose ainsi 120 à 400 000 œufs en rubans dans des crevasses ou des trous) qui donnent naissance à des jeunes (des paralarves) assez différents des adultes et menant une vie planctonique et qui après une quarantaine de jours se métamorphoseront ensuite en adultes menant une vie benthique.

Relations avec d’autres espèces

Le poulpe, comme de très nombreux céphalopodes, présente une impressionnante capacité de camouflage. Le changement de couleur est rendu possible par trois types de cellules situées dans sa peau. Le premier type, le chromatophore est responsable de la plus grande part des changements de couleur : il fonctionne comme un petit sac de pigment qui lorsqu’il fait varier son degré de contraction, forme une tâche colorée très réduite ou très étalée. La densité de ces chromatophores dans la peau peut aller jusqu’à des centaines par mm2. Il existe cinq couleurs différentes de pigment, jaune, orange, rouge, brun, et noir. Le poulpe en contrôlant la combinaison de ces points colorés forme des patrons de coloration très variables et ajustables au milieu. Le deuxième type de cellule correspond aux leucophores situés plus profondément dans la peau et qui apportent la composante blanche. Ils contiennent des structures sphériques qui renvoient la lumière et paraissent ainsi blanches. Le troisième type correspond aux iridophores qui réfléchissent seulement certaines longueurs d’onde et sont responsables des couleurs bleues et vertes iridescentes. Le poulpe, comme de nombreux autres céphalopodes, possède ainsi des capacités extrêmement sophistiquées de camouflage
Le poulpe présente également des capacités d’apprentissage et de cognition dans les comportements de camouflage, de chasse, de fuite, et de parade sexuelle.
Comme de nombreux céphalopodes, le poulpe commun est capable de rejeter un nuage d’encre pour échapper à un prédateur. L’encre des céphalopodes consiste en de la mélanine hautement concentrée, le même pigment responsable de la couleur noire des cheveux et de la peau chez l’homme. Cette encre est produite dans une glande à la surface du tube digestif, glande qui se continue par un conduit s’ouvrant dans l’intestin juste avant l’anus. L’encre est ensuite rejetée dans la cavité palléale et projetée au dehors avec un jet d’eau par le siphon, formant ainsi un nuage noir aveuglant le prédateur. En même temps, le poulpe change de couleur et devient pâle et change brusquement de direction à 90° pour achever de désorienter le prédateur.

Statut de protection

Statut UICN : Données insuffisantes
Pour la conservation des espèces, l’Union Internationale de la Conservation de la Nature UICN classe les espèces dans l’une des neuf catégories suivantes : Eteinte (EX), Eteinte à l’état sauvage (EW), En danger critique (CR), En danger (EN), Vulnérable (VU), Quasi menacée (NT), Préoccupation mineure (LC), Données insuffisantes (DD), Non évaluée (NE). 
Les pêches mondiales ont décliné depuis un pic à plus de 100 000 tonnes dans les années 70 jusqu’à 20 à 30 000 tonnes ces dernières années. Il faut cependant mentionner que les captures non identifiées du genre Octopus (concernant donc en partie l’espèce O. vulgaris) oscillent entre 120 et 160 000 tonnes par an. La forte demande suscite un intérêt croissant pour l’élevage, le principal problème réside dans l’élevage et la maintenance du stade larvaire planctonique (quatre espèces de céphalopodes, dont O. vulgaris, sont concernées par des projets d’élevage).

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